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Mesdames, messieurs, chers frères et sœurs du continent et
de la diaspora,
Je me dois de commencer cette
allocution en vous exprimant toute ma
joie et surtout toute ma gratitude de vous savoir de plus en plus nombreux à
prendre le train de l’espoir et à vous écarter des chemins tortueux proposés
par tous les charlatans et les vendeurs de miracles.
Bien des évènements m’ont interpelé
cette année mais je dois dire que l’implication de l’Afrique dans le terrorisme
international a été une grande surprise. Comment avant d’avoir pris soin de
remplir nos besoins primordiaux nous allons nous lancer dans le terrorisme ?
Cette attitude paradoxale méritait que j’interpelle les consciences afin que
ceux des nôtres qui se laissent instrumentaliser par les terroristes de tout
bord retrouvent la voie de la raison et du bon sens. J’ai simplement du mal à
croire que le développement de l’Afrique passe par une initiation au terrorisme
international ou simplement par l’usage de la violence envers les innocents.
La situation apocalyptique de
nombre de pays africain a conduit bien des personnes à une forme d’exil forcé.
Ces personnes forment qu’on le veuille ou non ce qu’on appelle à ce jour la
diaspora. Pour avoir côtoyé ces personnes et à en observant les épiphénomènes
qui s’initient ça et là sous les couvert fallacieux de communauté noire, j’en
arrive à mettre le doigt sur un élément de fond qui est la confusion mentale
qui règne dans les esprits de ces dernières. Une confusion qui prend naissance
dans les racines africaines de ces personnes et qui contraste avec leur
quotidien en occident.
Face aux problèmes de sociétés
comme le racisme, le rejet de l’autre, il y a une sorte de repli identitaire
qui empêche ces personnes de s’autodéterminer dans leurs environnements
respectifs. Elles se terrent au
contraire dans un passé baigné par de lointains souvenir de leurs racines
africaines. Je dois dire que la génération de Noirs nés en Afrique et qui ont
émigré en occident vit un déchirement intérieur qui à certains égards
mériterait une psychothérapie. Cette génération vit avec le frein à main tiré
et ne sait si elle est occidentale ou africaine. Cette question m’a été
adressée à savoir si les africains de la diaspora doivent se considérer comme
Africains ou comme des occidentaux ?
Après mûre réflexion mon avis à
ce sujet est clair, l’Etre humain se détermine dans son environnement quotidien
et chaque individu se doit de dépasser les barrières du rejet et de s’intégrer
pleinement dans son environnement. Chaque société humaine a ses propres
problèmes. Je suis persuadé que pour mieux aider l’Afrique la contribution de
ces personnes pèsera de tout son poids une fois qu’elles seront dans des
sphères du pouvoir et non dans des sphères anonymes de revendications stériles.
Au fond il y a tout un discours
raciste qui classe les humains selon les origines, la couleur de peau et autre
qui a élu droit de cité dans la conscience collective et qui empêche les uns et
les autres de vivre normalement au quotidien. J’en appelle à la déconstruction des
paradigmes intellectuels tant chez ceux qui ont émigrés dans un passé lointain
que pour les nouveaux immigrés. Il faut essayer d’appréhender l’autre comme son
semblable mais aucunement à travers la couleur de sa peau ou ses origines.
Il n’est certes pas facile
d’intégrer la différence comme un élément de normalité mais rationnellement la
tolérance est un élément de paix social indéniable.
Ma position semble irriter les
racistes de tous bords j’en ai eu la
preuve en m’opposant à la mise à mort programmée
du franc CFA à la demande de pseudo-intellectuels, vendeurs de salut et les
grands prestidigitateurs. J’ai pris pour éléments de preuve les indépendances
que nous avons réclamé à corps et à cris dans les années 60 qui ont abouti des décennies
plus tard à une délitescence de nombreux pays si pas tous. Un des rares
remparts colonial structuré qui persiste est aujourd’*** cette monnaie dans
certains pays francophones. Hors, après avoir détruit tous les autres socles,
en iconoclastes avisés que nous sommes, le dernier rempart à détruire est la
monnaie. Nombreux pseudo intellectuels africains ont tenu un discours haineux
et pondu une solution qui vise à sortir du CFA et à créer une nouvelle monnaie.
Mais les éléments factuels que j’ai exposés montrent clairement que ce
raisonnement est une hérésie au bon sens. Malgré mes démonstrations simples
beaucoup me qualifient de tous les noms d’oiseaux. Mais face au marasme
collectif j’accepte volontiers ces noms d’oiseaux et je reste persuadé que tout
individu doté de bon sens peut comprendre que les critères élémentaires qui
garantissent non pas la création d’une monnaie mais sa saine gestion ne sont
pas remplis dans les conditions actuelles de l’Afrique.
J’ai également été soumis à une réflexion qui vise à repenser les
relations que nous entretenons avec le monde occidental et à arrêter la
politique de la terre brûlée que nous pratiquons avec brio et qui consiste à exercer
une forme de préférence à la couleur de peau et de se soustraire de
compétences. Il me semble que la politique actuelle soit le fruit de
l’ambivalence qui sectorise une société humaine en personnes en fonction de
leurs origines. Ayant longuement discuté avec ceux qui sont disposés à échanger
et qui se plaignent au quotidien de racisme, je suis alors étonné que ces
personnes là s’offusquent lorsqu’on évoque l’idée que l’autre puisse prendre part au destin d’une nation
sans tenir compte de la couleur de sa peau.
J’ai pris exemple sur les
entraîneurs de football « étrangers » que nous appelons pour manager
les équipes de football de nombre de pays africains. Si cette démarche est
actée et frappée du sceau de normal dans notre conscience et notre
inconscience, il devrait en être de même des autres secteurs de la société pis encore
quand ceux-ci sont le chantre de la médiocrité la plus inacceptable.
Si l’on peut condamner cette
vision rétrograde, elle devient dramatique lorsque des journalistes sans
envergure dans certains pays africains pondent des brûlots contre des personnes
de bonne volonté sous le prétexte fallacieux qu’ils ne sont pas de la bonne
couleur et mettent en avant des éléments
objectifs qui ne visent pas à amener de la sérénité dans la grande famille
humaine mais au contraire à réveiller les vieux fantômes de la haine et de la
discrimination. J’appelle donc les Etats africains à sanctionner ce type
d’initiatives mais j’en appelle aussi les leaders politiques occidentaux à
cesser de promouvoir le rejet sous toutes ses formes en votant des lois qui
participent à la discrimination. Je pense à la mise ne place des concept comme
les minorité visibles, la discrimination positive, àla loi contre le port du
foulard, contre le port de le niqab, l’interdiction des minarets et autres…
Je constate que la vie en société
paraît un exercice difficile à bien des égards ; mais il me semble que la
lutte contre les extrémismes de tout bord est une priorité. Il faut élever la
conscience collective en brisant les chaînes de l’intolérance. Barack Obama est
président aux USA, Rama YADE est une personnalité du microcosme français etc. toutes
ces personnes occupent des postes à responsabilités. L’Afrique devrait prendre
exemple en mettant à des postes de responsabilités des personnes avec des
compétences (avérées sans se soucier de leurs origines) qui nous font
cruellement défaut à ce jour.
Cette démarche est salvatrice à
plus d’un titre : elle permet déjà d’humaniser nombre de sociétés, de
prôner le dur exercice de la tolérance, de déconstruire cette politique raciste
atavique qui gangrène nos consciences, d’apporter de la couleur dans les
microcosmes politiques de nos pays, mais également de briser la chaîne des
tares sociales qui vicient l’atmosphère d’honnêtes citoyens, d’apporter une
sensibilité différente, de tuer le ver de l’affairisme qui prévaut dans
certains pays, de diminuer le poison du tribalisme et surtout , cette démarche permet de renforcer les liens d’amitiés avec
nombre de sociétés humaines.
Je crois fermement et intimement
que l’Afrique devra son salut en acceptant en son sein et notamment aux postes
à responsabilités des personnes hautement compétentes qui sont inutilisées dans
nombre de pays riches. Il est temps de laisser de côté les affres du passé et
d’avancer sur le chemin de la reconstruction. Il me semble que beaucoup de
nations dites développées l’ont compris et en profitent allègrement ; à
nous de les imiter et de profiter des conditions actuelles qui favorisent le
brassage des connaissances, des cultures et des civilisations.
Si la position de nombre de dirigeants
de pays africains est calquée sur le suivisme et l’acceptation de
l’infantilisation, j’appelle les gouvernants actuels qui se sont auto
disqualifiés à cesser de se comporter en grands enfants et d’assumer un
complexe d’infériorité vis-à-vis des dirigeants occidentaux. J’interpelle les
dirigeants occidentaux également afin qu’ils à cessent leur politique
paternaliste qui ôte aux dirigeants africains la possibilité de pouvoir penser
et de pouvoir décider. La convocation à Paris des présidents africains à l’orée
de la réunion de Copenhague sur la lutte contre le réchauffement climatique est
l’exemple typique de ce qu’il faudrait éviter dans les relations qui doivent se
prévaloir entre les pays occidentaux et l’Afrique.
La falsification des élections
présidentielles au Gabon afin de favoriser les réseaux affairistes couplée au musellement
de l’opposition sont des actes d’une petitesse condamnable et qu’au 21siècle
nous nous devrions en tant qu’humains de dépasser. Les pratiques actuelles qui
visent l’immobilisme, l’affairisme et la sauvegarde des intérêts en faisant le
jeu des petites connivences entre copains ne participent pas à l’autodétermination des peuples.
Je ne suis pas un adepte féru de
la démocratie car elle porte en son sein l’inconsistance et le vice. Le constat
qui se dégage des différentes élections sous fond de démocratie à l’occidentale
m’amène à poser la question de savoir si effectivement la volonté manifestée
d’imposer la prolifération d’une telle idéologie est en adéquation avec la mise
en place effective de celle-ci dans nombres de pays et en Afrique en
particulier où elle s’accommode à l’usage de la force, à la falsification du
résultat des urnes, à la haine , au tribalisme et qu’ au fond elle ne finira
pas par être déniée par ceux là même à qui on l’impose ? Une question me
vient : la démocratie à l’Africaine doit-elle être conditionnée par les
choix arbitraires et unilatéraux des anciennes puissances colonisatrices ?
Le plus déplorable est à ne pas
en douter la guéguerre du chien pour l’os initiée par les présidents congolais
et camerounais pour reprendre la place de « patriarche » laissée
vacante après la mort de Bongo. On attendrait de tels individus qu’ils se
penchent sur les problèmes liés au quotidien des populations ou de coordonner
leurs efforts autour des problèmes de la sous région comme les problèmes liés à
la disparition annoncée du Lac Tchad. En effet, environ 30 millions de
personnes du Cameroun, du Tchad, du Niger et du Nigeria, vivent autour du lac.
Le tarissement des ressources en eau a entraîné une détérioration massive des
capacités de production agricole et une baisse de 60% de la production halieutique.
La surexploitation du lac et des terrains environnants risquent d'entraîner ou
d'aggraver des conflits et des mouvements migratoires dans la région.
La superficie du lac Tchad, autrefois un des plus grands réservoirs d'eau du
monde, s'est réduite de 90% au cours des dernières décennies à cause du
changement climatique et de la pression démographique, passant de 25.000 km2 en
1963 à moins de 1.500 km2 en 2001. Selon les prévisions climatiques de la NASA,
le lac pourrait disparaître dans une vingtaine d'années. Que proposent nos deux
illuminés face à ce problème ? La solution à ce problème se résume-t-elle
à la seule surenchère dans l’échange de courriers pour la prise du leadership
de la sous-région ?
Depuis 2005, les Ivoiriens sont dans l’attente d’une élection
présidentielle qui ne vient pas. Est-il possible pour ceux qui exercent le
pouvoir de manière illégitime de prendre de la hauteur ? Le mince espoir
pour un scrutin au printemps 2010 est-il le nouveau tour de passe-passe pour
jouir du pouvoir dans l’illégalité ? Le comportement de Gbagbo paraît à
bien des égards simplement honteux.
Avec ses
84ans, Abdoulaye Wade fait office de dinosaure de la politique africaine. En
2012 il semble encore vouloir se présenter aux élections présidentielles. Il
arrive à un âge où l’exercice du pouvoir n’est plus compatible avec la charge
de travail qu’impose l’exercice de la magistrature suprême d’un pays. La confusion
de genre qui émaille la fin de son règne actuel où la gestion du bien public se
confond allègrement avec une affaire familiale est à déplorer au plus haut
point et doit être déjà le signe d’une fin de règne et d’un travail qui impose
de tirer sa révérence.
Bien que nous
admirons Abdoulaye Wade force est de constater que ses magistratures n’ont pas
beaucoup fait évoluer le Sénégal et à cet effet, il faut tirer les leçons qui s’imposent.
Quand nous parlons de Wade nous faisons là cas pour tous les autres grand-pères
séniles qui sont embrigadés par les mouvances dites présidentielles et qui
voient d’un mauvais œil le départ du monarque. Aujourd’*** de sources sûres, de
nombreuses personnes fourbissent les armes afin de précipiter le Cameroun dans
une guerre civile en 2011 si le lion de Mvomeka venait à se représenter et à
faire falsifier les résultats des élections comme par le passé.
Cette année a été marquée par une
crise économique à l’échelle de la planète. Les moteurs des échanges internationaux
ont paru grippés pendant des instants interminables. La plus grande tristesse a
été de constater que l’Afrique avec ses matières premières n’en a pas profité
pour faire le hold-up du siècle. Il a fallu des efforts collectifs des pays
riches afin de relancer la machine mondiale. Avec le recul on peut se poser la
question de savoir quel a été le rôle de l’Afrique dans cette santé
recouvrée ?
Quand on est dans la misère comme
le sont nombre de pays africains, la crise économique mondiale n’est pas une
nouveauté mais le quotidien. Alors on se focalise et on dépense des sommes
colossales dans la distraction. Alors distrayons-nous pendant que beaucoup
d’entre nous trépassent.
L’année 2010 sera celle de la première
coupe du monde en sol africain. L’Afrique connaît déjà ses qualifiés. J’appelle
ces pays à donner un spectacle honorable et à aller aussi loin que possible
dans cette compétition. J’appelle les principaux acteurs, les joueurs à prendre
la réelle mesure de cet événement et à donner une image honorable de l’Afrique
pour une fois. En ce qui concerne les entraîneurs qu’ils fassent ce qu’ils
savent faire le mieux et qu’ils justifient le sacrifice consenti par nombre de
pays africains pour leur permettre de porter haut les couleurs des meilleures
nations africaines.
Certaines situations imposent la
réflexion et la fronde antillaise contre l’Etat français a été qu’on le veuille
ou non un moment fort de cette année car les réclamations (chômage en
Guadeloupe qui atteint aujourd’*** 22%, la faiblesse du pouvoir d’achat, la fin
du monopôle béké etc. ) légitimes du leader du LKP Elie Domota doivent conduire
les dirigeants français à prendre de réelle mesure pour assurer à tous les
citoyens français les mêmes droits mais également les même devoirs. Visiblement
500ans après l’abolition de l’esclavage, l’égalité citoyenne des droits n’est
pas encore un fait établi dans les consciences collectives. Voilà le réel
chantier à mener pour combattre la discrimination sous fond d’hypocrisie dans
ce pays.
J’adresse tous mes vœux aux
combattantes de la misère qui vendent leur corps en occident pour donner de la
dignité à leur famille.
J’adresse tous mes vœux aux
enfants de rues et aux malades du SIDA. J’adresse mes vœux à ses hommes et
femmes des campagnes, ces paysans, condamnés à travailler la terre pour espérer
survivre dans un environnement ingrat et indifférent.
Puisse cette nouvelle année être
celle du dépassement collectif pour les sportifs africains engagés pour
défendre l’honneur de l’Afrique. Je souhaite une heureuse année 2010 à ceux qui
participent à la promotion de la culture africaine.
Je place l’année 2010 sous le
signe de la grande fraternité universelle. Bonne et heureuse année 2010 à tous
les Africains de la diaspora et du continent, joyeuse année 2010 à tous les amoureux de l’Afrique et surtout joyeuse année
à tous les haineux de l’Afrique, des Noirs et des Africains.
Mouyabi
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