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Mesdames, messieurs, chers
humains,
Depuis la
nuit des temps, l’être humain se sert de moyens de classifications afin de
ranger les êtres et les choses dans des classes afin de mieux les nommer, les
indexer et les gérer. En règle générale, classifications nous apparaissent importantes car
elles nous servent à organiser les
connaissances et le travail de chacun au sein d’un ensemble. Classer les objets
ou les connaissances, c'est dire comment ils/elles se situent les un(e)s par
rapport aux autres. Plusieurs points de vue complémentaires peuvent de fait être
considérés. Les classifications se distinguent en fonction du formalisme
apporté soit aux classes (taxons, nomenclature, catégories de sujets), soit aux
relations entre ces classes et à l'arborescence qui en résulte
Tenez, pour identifier le lion
parmi les autres animaux, selon la logique de classification, on dira que c’est
est un mammifère
carnivore
de la famille des félidés
du genre Panthera
(félins).
Quant au chien,
il sera classifier comme étant un mammifère
domestique
de la famille des canidés. Les scientifiques regroupent l'ensemble des races de chiens au sein d'un groupe nommé Canis
lupus familiaris, une sous-espèce de Canis lupus,
à laquelle appartiennent également d'autres sous-espèces comme le loup gris.
Des chiens domestiqués devenus marrons ont créé leur propre groupe
homogène et sont considérés comme autant de sous-espèces de Canis lupus,
par exemple les dingos et le chien
chanteur.
Après cet aparté dans le monde
des chiens, lorsque je parle d’un lion ou d’un chien tout au moins cette
classification me permet d’y voir plus clair. Le lion est un félidé tandis que
le chien est un canidé.
Il arrive parfois l’usage que l’on fait de la
classification soit discutable et les desseins visés par ceux qui exploitent de
manière biaisée les buts premiers de la classification, conduise à des
interprétations qui se situent aux
antipodes de cette volonté première qui se veut
d‘utilité commune.
Pour tracer la parallèle avec les
modèles ci-dessus, l’Homme est un mammifère omnivore de l’espèce Homo Sapiens.
Pour des besoins supplémentaires
cette classification ne suffit pas toujours et certains classent les humains selon d’autres
critères, le sexe, la taille, la catégorie socioprofessionnelle, la religion,
l’orientation sexuelle, selon la couleur de la peau etc. Des esprits plus ou
moins malintentionnés concernant la couleur de peau parlent de races. Ils
distinguent
·
Les Noirs pour désigner les peuplades à la peau riche en mélanine, les mélanodermes.
·
Les Blancs pour désigner les peuplades de type caucasien, les leucodermes.
·
Les Jaunes pour désigner les peuples de type
mongoloïde
·
Les Rouges pour désigner les amérindiens.
Je tiens à souligner que les
hybrides qui naissent des mélanges entre ces supposées différentes races posent
un problème à leur classification aussi ne les reprennent-ils pas. De quelle
race est un enfant né d’une caucasienne et d’un Noir, de la race Blanche
ou Noire ? Certaines classifications partent de mulâtres. Alors ces mulâtres
sont Blancs ou Noirs ou constituent-ils une nouvelle race à part ? Pourtant
le président Obama qui est un mulâtre est qualifié de manière unanime de Noir.
Pourquoi ? Pourquoi serait-il plus Noir que Blanc ? Certains de ses
pairs ne le voient pas comme Noir mais comme bronzé. Inconsciemment nous avons
intégré ces distinctions au-delà de notre hypocrisie affirmée ou non.
Sans rentrer dans les débats
inutiles, il est admis par la classe scientifique qu’il n’existe qu’une seule
race, la race humaine.
Ceci dit si ces désignations qui
permettent de profiler un humain parmi tant d’autres sont utiles à bien des
égards, par exemple dans la segmentation du marché en marketing, ces distinctions posent problème lorsqu’elles
participent à stigmatiser les groupes
humains au nom de critères de
classification peu rationnels.
La volonté qui consiste à
segmenter les couches sociales pour mieux gérer la cité est une démarche
louable à plus d’un titre. Par exemple les outils statistiques peuvent prévoir
le nombre d’enfants, les personnes de grandes tailles, l’augmentation du poids
des personnes etc. Mais, cette démarche devient hautement condamnable
lorsqu’elle est reprise afin d’indexer des
groupes humains au nom des critères de classification, au nom de sa couleur de
peau, de sa religion, de sa taille, de ses pratiques sexuelles et j’en passe.
Aujourd’*** nombre de personnes
se reconnaissent dans une communauté noire. Dans des milieux dits autorisés, des
personnes en charge de la direction collective parlent même de minorité
visibles. Inconsciemment, le pas est allégrement franchi pour fausser les
rapports sociaux. Cela présuppose que certains vont se penser posséder plus de droits
et exercer un droit régalien sur ceux qu’ils ont nommés minorités visibles.
Il y a donc là un problème de
fond sur lequel j’aimerai bien m’appesantir
car de quel droit certains
s’octroient des privilèges au point de
réduire leurs semblables au simple statut de citoyens de second zone ? Et
pourtant aussi loin qu’on puisse remonter, ce problème semble être vieux comme le monde.
Les femmes se battent pour que l’on
reconnaisse leurs droits. Paradoxalement elles se battent pour des droits qui
leurs sont dus par la constitution mais dont l’application au quotidien se
heurte à une vision moyenâgeuse qui consiste à dévaloriser l’autre car il est
différent.
Les personnes à la sexualité
différentes souffrent de tous les maux dans la société. Elles affirment leur
différence dans des communautés dites gays et célèbrent leurs différences dans
des fêtes comme les gays pride.
Ceux qui pratiquent une religion
différente, les musulmans sont devenus de potentiels kamikazes poseurs de
bombes devant l’éternel.
Les Noirs en occident pour
exister se réclament d’une certaine communauté Noire.
J’appelle ici les personnes ayant
un soupçon d’esprit rationnel à se poser la question de savoir si au fond la
constitution virtuelle d’une pseudo communauté noire n’est pas au fond une
forme de racisme par réaction ?
Car si les autres vous
stigmatisent parce qu’ils ont du mal à intégrer votre humanité, pour finir vous
faites bloc avec ceux qui souffrent comme vous et réagissez en les affrontant
d’une manière ou d’une autre, par des discours extrémistes ou alors modérés.
Quand j’écoute les discours de
nombre de personnes qui se réclament leader de cette communauté, j’ai mal au ventre. L’Afrique est devenue bien
malgré elle le socle qui les unie et la dénonciation des spoliations par
l’occident leur cheval de batail.
A bien y regarder ceux qui se
disent combattants Noirs, ne sont au fond que des personnes qui souffrent d’un
manque de reconnaissance de la part des autres groupes humains. Alors l’utilisation
de l’Afrique comme moyen de combat est rapidement devenue un subterfuge parmi
tant d’autres.
Allez arrêtez-moi si je me
trompe. Certains parlent ouvertement de rapatriement, de dédommagement et de
désionnisation pour expliquer les motifs de leur combat. Ces personnes pensent
rapatrier qui, mais surtout où ? Qu’attendent-elles pour retourner en
Afrique de leur propre gré puisqu’elles ne se sentent pas aimées et comprises
là où elles vivent ?
J’appelle ce type de discours de
l’escroquerie intellectuelle. Je vous invite à vous pencher sur ce type de
discours et à les soupeser de manière rigoureuse.
Dans quelle Afrique ces personnes
pensent pouvoir rapatrier les Noirs de la diaspora de force ?
Quand on écoute ces discours
sophistes affirmés avec beaucoup d’allant et de haine par des personnes qui se
réclament africaines par leurs lointains ascendants, on voit bien qu’ils n’ont
de l’Afrique qu’une connaissance sommaire. Les problèmes de haine qui sont
inhérents à toutes les sociétés humaines font rage en Afrique. On parle de
tribalisme, on traite les pygmées avec peu d’égards, dans certains coins de
l’Afrique on tue les albinos, on n’hésite pas à donner des droits aux garçons
au détriment des petites filles, on excise les filles par obscurantisme et par
habitude, on se réclame d’une nationalité et pour ce faire, on expulse d’autres
africains. On tue les Tutsi, on tue des Hutus, on tue des Somaliens, des
Erythréens et j’en passe. Le plus grand des paradoxes est le spectacle donné
par les Noirs en Afrique du Sud. Un spectacle insensé donné par les mêmes Noirs
qui se plaignaient de l'Apartheid. Le lot de souffrances des populations est
simplement une exponentielle de l’ignorance dans un océan de manipulation sous
fond de médiocrité. Alors ceux qui se disent Africains en Europe dans quelle
Afrique ils pensent réellement pouvoir baguenauder en toute fraternité avec
leurs semblables ? Cette Afrique là est une utopie, un rêve éthéré.
Le Libéria est un exemple patent
du mix voulu entre d’anciens esclaves et les peuplades autochtones. Le résultat
en fait aujourd’*** un état violent et pauvre. La barbarie qui a opposé les
autochtones et les descendants d’esclaves venus des USA est une fracture à vie
dans ce pays.
Ceux qui surfent sur la vague du
ressentiment vendent en occident l’Afrique
de leur rêve, celles qu’ils appellent pour des besoins marketing Kémet ? Je dis ici ma colère contre ces charlatans.
Je parle de kémet en effet car depuis
que les travaux du professeur Anta Diop
ont permis d’éclairer l’humanité sur ce que fut la civilisation Egyptienne
antique, nombre de personnes se sont emparées de ces travaux pour servir un
discours haineux qui se situe aux antipodes du génie d’Anta Diop.
Que l’on étudie et vulgarise le passé de l’Afrique et que les Africains
puisent dans ce passé la force pour avancer, quoi de plus noble comme idée !!!
Mais lorsque le seul discours que certains savent tenir est un discours
passéiste alors indéniablement on est tombé bien bas. Faute de pouvoir réfléchir
et pondre un discours concret chevillé sur des réalités présentes pour aider l’Afrique à se lever et à
se sortir de son bourbier.
Les travaux d’Anta Diop stipulent
que le premier Homme était Noir, qu’il serait parti de la corne d’Afrique pour
peupler le reste du globe. L’Afrique n’est donc pas la propriété de quelques
fous en quête de reconnaissance sociale. Mais comme il est communément admis,
elle est le berceau de l’Humanité.
Que la dénonciation des iniquités
envers des groupes humains sans distinction de couleur et d’origine se fasse,
j’y accorde tout mon crédit mais que cette dénonciation serve à stigmatiser
d’autres groupes humains et à promouvoir
la haine, la suspicion, le ressentiment, là je prends de la distance par
rapport à cette vision étriquée et à ces
discours orientés et fallacieux.
Il n’existe pas selon moi une
communauté noire pas plus qu’une communauté blanche, jaune ou grise, il existe
des humains qui vivent dans un environnement social et qui sont soumis à des
lois.
Les rapports des humains en
société sont difficiles. L’Etre Humain essaie toujours de réduire son semblable
au rang de chose car c’est la première impression que lui donnent ses sens. L’autre
apparaît à ma conscience sous la dimension d’objet et seul mon recul me permet
d’en faire un sujet.
La vie en société est une énigme
pour des personnes avisées. Allez m’expliquer pourquoi quand il y a un match de football entre Paris et
Marseille c’est le chantre de la bêtise et de la violence !!!
Expliquez-moi pourquoi lorsque l’Algérie se qualifie pour la coupe du monde certains
humains se livrent au vandalisme sur des biens d’honnêtes citoyens ?
Dans tous les groupes sociaux, il
existe des personnes sensées, certaines beaucoup plus ou beaucoup moins que
d’autres. De fait la généralisation de faits, d’actes isolés pour promouvoir la haine est un crime.
Il est facile de reconnaître les
discours de racistes patentés ce sont ceux qui lancent et font la promotion des
idées comme l’identité nationale, le refus des minarets, la créolité, l’ivoirité,
etc. Ceux qui portent à bout de bras ce type de discours se situent en porte-à-faux
vis-à-vis du bon sens le plus
élémentaire. Voilà le visage consternant de la bêtise humaine la plus
méprisable.
Je suis persuadé que l’humanité
est appelée à vivre en communauté et à se mélanger. Des
pays comme le Brésil, Madagascar, l’Afrique du Sud, les USA, le Paraguay, Cuba etc.
donnent une image future de l’Humanité. La misère frappe aussi bien les Noirs,
les blancs que les personnes dites de sang mêlé. Il me semble que la haine de
son semblable au nom de la couleur de sa peau, de sa religion de sa sexualité
est une haine lamentable qui dénote d’un état d’esprit primaire. Un humain de grande sagesse chanta ceci : until the colour of a man's
skin is of no more significance than the colour of his eyes - everywhere is war
(Bob Marley)
Cette phrase
de Bob Marley met en évidence l’idiotie du discriminant dans sa complétude.
Pourquoi j’accorderais plus de poids à la couleur de peau d’un individu plus
qu’à celle de ses yeux et moi je rajouterais à celle de son sang ?
Les considérations
malencontreuses de personnes qui se servent des outils de classifications pour
promouvoir le ressentiment, le racisme,
sont simplement irresponsables et regrettables. Pour élever la conscience
collective, il faut simplement œuvrer à consolider le socle social et non à le
scléroser. Les extrémistes de tous bords, les démagogues et les populistes sont
des vendeurs d’utopies.
Mon discours est un discours
humaniste, de fraternité universelle ce n’est pas celui de l’imbécilité. Je
continue de croire qu’il n’existe pas de communautés humaines, de tribus, de
races uniquement sur la base de couleur de la peau et de facteurs exogènes de
distinction. Je continue de croire qu’il n’existe préalablement pas de
musulmans, ni de chrétiens mais simplement des Humains à qui l’on donne des
étiquettes.
J’essaie quand je rencontre mon
semblable de voir simplement un humain avant toute considération. Le danger le
plus grave est la négation de l’humanité de l’autre au profit de son étiquetage.
Car il arrive alors qu’on tue un musulman avant de tuer un humain.
Au fond ce qui nous dérange le
plus ce n’est pas tant comment l’autre apparaît à ma conscience ce qui nous
gêne le plus c’est la DIFFERENCE.
Le cerveau humain fonctionne par
association et par dissociation. Il assimile ce qui se ressemble et dissocie ce
qui est différent. Hors ce qui distingue
fondamentalement l’Homme des autres animaux, c’est sa capacité à réfléchir. De fait, si nos impressions nous
induisent dans l’erreur alors c’est bien triste car par la même occasion, nous
perdons l’essence qui fait notre
humanité.
Tenez les lapins dans un clapier
se reconnaissent-ils dans une communauté de lapins noirs, angora, nains et
autres ? Les poules dans une
volaillère se rejettent-elles eu égard leur plumage ? Cette simple logique
qui relève de l’observation quotidienne traduit le recul qui doit nous habiter
lorsque nous sommes en face de nos semblables mais malheureusement aussi en
face de ces personnes qui ont du mal
avec le paradigme de la différence.
Nous pouvons les aider à se lever
de cet obscurantisme mais la pire des choses c’est de participer à la promotion de discours sophistes qui
empoisonnent l’univers social.
Remarquez que le
fait de se penser partisan d’une certaine communauté noire empêche nombre de
personnes ayant les compétences à s’insérer dans la société à prendre leur
place et à participer à la vie politique car elles estiment ne pas appartenir à
tel ou tel autre groupe humain. Voilà ce que j’appelle le contrecoup de
l’imbécilité. Et le contre-exemple est donné par Obama aux USA.
Quand arrive
alors qu’une personne dénuée de considérations rétrogrades se retrouve
impliquée dans la vie sociale et dans le staff dirigeant, elle devient la
victime de ceux et celles qui la voit comme une humain de seconde zone mais pis
encore, elle devient le porte étendard d’une communauté à défaut, l’objet de toutes les railleries de
la part de ceux des jaloux qui se disent pourtant membres de sa communauté.
Au fond la culture de la pensée
molle opère à notre insu, elle fait de nous des personnes complexées, des
marionnettes dans un système haineux et hypocrite. Au lieu de s’affirmer comme
sujet on dénie notre dimension humaine pour s’habiller en complexé et en simple
revendicateur. Il faut se mettre au même niveau de conscience que l’autre et
surtout ne pas pratiquer la politique de la chaise libre.
Il est temps à mon sens de
prendre conscience que la vie est courte. Il n’y a pas une vie hypothétique dans
une Afrique idyllique et une vie dans un enfer occidental. Il n’y a pas de
Bamoun, de Béti, de Bété, de Béké, de Chabins, de Frans, de Baoulé, de Swahili,
de Camerounais, d’Ivoiriens, de Rwandais, de Français, d’Africains etc. Il y a
simplement des humains qui peuplent la terre. Les distinctions ne servent qu’à
gérer les sociétés humaines.
Pour ma part, Obama n’est pas
Noir mais un humain qui vit aux USA car il faut bien désigner dans quel espace
du globe il vit. Rama Yade n’est pas Noire mais une Française, une Européenne,
une humaine. Tant que nous n’auront pas
intégré ces données nous seront encore à attendre que passe le train de
l’espoir ou à promouvoir l’imbécilité sous sa forme la plus nauséeuse. Tant que
les repères spatio-temporels seront faussés alors inévitablement nous
indexeront avec erreurs notre entourage immédiat et laisseront sur le bas côté
de la route des potentiels pour la simple raison que notre cerveau souffre d’un
retard à l’allumage. Notre cerveau se sert de repères temporels erronés et ne
vit pas dans son temps.
Le génie et la crétinerie se
côtoient au quotidien. L’Humanité fonctionne avec des tares, mais également
avec le génie humain. Les rapports de forces sont malheureusement inhérents à
la vie en société. La seule chose qui puisse les stopper ce n’est pas la force, la promotion de la haine mais l’esprit
rationnel, la fraternité et l’humanisme. L’exacerbation des distinctions
phénotypiques humaines n’est pas une fin en soi mais un moyen.
Il n’ya pas d’angélisme à concevoir une vie sociale sous l’angle de la
fraternité universelle. Il y a erreur à
croire que la différence selon les seuls et uniques critères de classification me
permet de déshumaniser l’autre et donc de le traiter avec peu d’égards.
Cuiusvis est errare nullius nisi
insipientis, in errore perseverare sed venia dignus est humanus error
« L’erreur est une chose
commune ; seul l’ignorant persévère dans l’erreur malgré tout, chaque erreur
humaine mérite le pardon »
Mouyabi
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