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Mondialisation

Démarré par GWODA Adder Abel à 12-15-2003 17:23. Le sujet a 0 réponse(s).

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   12-15-2003, 17:23
GWODA Adder Abel n'est pas en ligne. Dernière activité : 31/12/1899 23:00:00 GWODA Adder Abel

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Mondialisation ou restauration d’un ordre ancien de domination et d’exploitation ?
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Mondialisation ou restauration d’un ordre ancien de domination et d’exploitation ?


Note de lecture de La fin de l’histoire et le dernier homme, de Francis Fukuyama,trad. Denis-Armand C****, Paris, Flammarion, 1992

Francis Fukuyama est un politologue américain d’origine japonaise. Son document qui fait l’objet de cette note de lecture, La fin de l’histoire et le dernier homme, est un ouvrage issu d’un article qu’il a intitulé « La fin de l’histoire » et publié dans National Interest en été 1989 et traduit en français dans Commentaire en automne 1989. Cette réflexion importante sur l’histoire qu’il élabore, intervient dans un contexte mondial en pleine mutation. Nous assistons à l’effondrement du bloc communiste et à la victoire du capitalisme. Certes, cette victoire est encore incomplète, mais il existe de puissantes raisons qui font penser que c’est cet idéal qui gouvernera le monde à longue échéance. L’effort de Fukuyama est donc d’effacer les disproportions entre les circonstances politiques – effondrement du bloc communiste – que suggère ce pronostique et l’échéance qui nous sépare de la fin de l’histoire. Malheureusement un glissement idéologique, va ternir cette brillante rationalité philosophique trahissant ainsi les lumières en faisant de la mondialisation le cheval de bataille de l’ancien ordre de domination du centre sur la périphérie

1) La fin de l’histoire comme mondialisation
La fin de l’histoire de l’auteur américain, est un effort de nous expliquer que la conception cyclique de l’histoire a évolué vers une conception linéaire. En effet, avec la découverte de la méthode scientifique, et le progrès de la technoscience qui s’en suit, il est démontré que les acquis deviennent fondamentalement irréversibles et que le développement scientifique a des conséquences concrètes qui font la puissance inégalable de ceux qui la maîtrise.
Mais si l’on est facilement convaincu de l’irréversibilité de l’histoire dont parle Fukuyama, il faudrait maintenant qu’il puisse nous faire accepter qu’a la fin de l’histoire se situe la démocratie libérale. C’est vrai qu’avec la fin de la guerre froide et l’essoufflement du communisme dans le monde, le capitalisme a le vent en poupe, au point où cette nouvelle situation peut faire penser que le triomphe de la démocratie libérale est le meilleur système. Et parce qu’il est présenté comme le seul à pouvoir qui puisse nous satisfaire, nous pouvons en conclure qu’il est la fin de l’histoire ; le moteur de la contradiction idéologique s’étant arrêté.
Pour Fukuyama cependant, le constat du triomphe du libéralisme, même s’il est évident, ne suffit pas pour expliquer pourquoi l’histoire tend à s’achever sur la démocratie libérale. En relisant Hegel ou plutôt « Hegel-kojève » comme il le dit lui-même, à sa manière, il conclut que c’est la mégalothymia du début de l’histoire qui nous mène à la fin de l’histoire à la démocratie libérale. A l’****yse, ce triomphalisme bruyamment affiché par le libéralisme qui naît après l’effondrement de l’URSS et cette option pour l’universalisation de l’économie et de la démocratie libérale, nous rappel fortement la mondialisation. L’auteur de La fin de l’homme divise alors le monde en deux parties : le monde posthistorique ou le monde de la démocratie libérale et le monde historique qui est le Tiers-monde. Ces deux entités garderont des rapports conflictuels – crises pétrolières, immigration, terrorisme – mais pour les unir et conjurer ces conflits, le monde posthistorique doit prendre l’initiative d’encourager et même d’exiger la démocratie, de moduler les déficits crées par la compétitivité et l’innovation, de traiter collectivement les problèmes d’environnement, bref de satisfaire un tant soit peu leur isothymia . Au total on constate que, la fin de l’histoire de Fukuyama ayant comme véhi***e la démocratie libérale, avec ses deux dimensions à savoir le libéralisme politique et le libéralisme économique, est la même chose avec la mondialisation qui marque la victoire finale du libéralisme sur les autres systèmes.

2) Le dernier homme, vérité du triomphe de la démocratie libérale
La mondialisation qui consacre le triomphe de la démocratie libérale, apparaît comme la « terre promise » ; un monde sans contradictions, uniforme, libre et égalitaire. Cette image embellie de la mondialisation serait le berceau du dernier homme de Fukuyama. Il nous renseigne que ce « dernier homme » ne le sera vraiment dernier que lorsque le désir de domination c’est-à-dire la mégalothymia qui est le ressort essentiel de l’histoire se sera transmué en isothymia ou désir d’égalité. Il s’agit ici du règne de la démocratie libérale. L’histoire va donc s’achever en principe sur l’égalité, la liberté et la prospérité de tous les hommes. Le « dernier homme » terme emprunté à Nietzsche, va se complaire ainsi dans une plénitude de paix et de richesse matérielle ; complaisance caractéristique d’un hédonisme débridé.
Par ailleurs, l’égalitarisme, influence chrétienne sur la démocratie, est un acte de nivellement par le bas, cette démocratie apparaît dès lors comme la revanche des vaincus sur les vainqueurs de l’ancien principe de la relation maître-esclave. Pourtant, Nietzsche relu par Fukuyama est convaincu qu’on ne peut jamais éliminer complètement les inégalités ; elles font parties de l’existence humaine. La transformation de la mégalothymia en isothymia à la fin de l’histoire signifie la fin du thymos, pour ce fait, Fukuyama pense que l’isothymia qui fonde la démocratisation est une forme résiduelle du thymos. Le véritable thymos s’exprime dans la mégalothymia. En clair la décadence du thymos, c’est-à-dire de l’essence de la mégalothymia découle de la victoire d’une « économisation profonde de la vie » ; c’est la victoire du désir rationnel. Il faut croire que Fukuyama a rejoint ici son maître Nietzsche, pour dire que l’homme démocratique, c’est-à-dire le dernier homme, est méprisable parce qu’il renonce à sa mégalothymia et se contente des désirs rationnels. Il dit : « Nietzsche avait en effet absolument raison de dire qu’un certain degré de mégalothymia était une condition nécessaire à la vie elle-même » .
La réflexion de Fukuyama va s’infléchir pour corriger le dernier homme en exigeant que la mégalothymia soit également satisfaite d’une manière ou d’une autre, même au détriment de la liberté de certains peuples. Pour lui la démocratie égalitaire peut créer ce qu’il appelle « le désir fanatique d’une reconnaissance égale » et menacer la démocratie elle-même. Il avertit :
« Une civilisation qui favorise une isothymia sans frein, et qui recherche fanatiquement à éliminer toute manifestation de reconnaissance inégale, touchera rapidement les limites imposées par la nature elle-même. »
Ce dernier homme n’est pas le prototype de l’homme idéal comme le pense sournoisement Fukuyama, ses attaques contre ce dernier homme sont une réfutation de la démocratie égalitaire, car cet être apparaît comme un être affaibli, jouisseur et dépourvu de thymos. Il est donc nécessaire d’adjoindre un peu de mégalothymia dans cette démocratie, en d’autres termes, un peu de domination et d’inégalité dans l’égalitarisme de la démocratie libérale, sinon on risque de retourner au premier homme. Si Fukuyama semble séduire par sa démarche, il reste que nous pourrions faire quelques remarques.

II. Evaluation de la pensée de Fukuyama

Il faut malheureusement relire Fukuyama autrement, autrement que le rêve de la terre promise d’une posthistoire. En réalité, c’est l’opposition forts contre faibles qui est réaffirmé ici, conformément à la thèse selon laquelle le désir de domination est l’essence du moteur de l’histoire. Ce que l’on retient du discours de Fukuyama, c’est que l’histoire universelle est linéaire, irréversible, progressive et elle a une fin qui est la démocratie libérale. Cette fin de l’histoire est en fait le contenu idéologique de la mondialisation qui tolère « quelques inégalités » parce qu’ « il existe toujours des inégalités nécessaires et inamovibles. » Mais, nous dit-on « quelques inégalités » ne peuvent pas remettre en question le caractère démocratique de la fin de l’histoire. Comment alors promouvoir en même temps la domination et l’égalité ?
Ceux qui réfléchissent sur la mondialisation appellent ces inégalités de plusieurs manières : exclusion, polarisation, dualisation… nous l’appelons dualisme anthropologique ; c’est cette idéologie qui cherche à fonder foncièrement sur des présupposés anthropologiques des inégalités qui ne sont plus simplement d’ordre racial mais surtout d’ordre conjoncturel. La démocratie de la fin de l’histoire, et de la mondialisation doit permettre à l’homme de satisfaire son désir d’être reconnu. Pour se faire la démocratie se fonde su l’isothymia mais tolère également un peu de mégalothymia. Ainsi nous retrouvons bien les exutoires de Fukuyama dans la mondialisation avec les guerres économiques USA-UE, USA-Japon, G8-Tiers-monde… la compétitivité et la concurrence sont un des éléments essentiels du libéralisme, c’est ce que Fukuyama appel « esprit d’entreprise. » Cet esprit permet l’expression de la mégalothymia dans les domaines tel que la recherche scientifique et les performances technologiques en tant qu’exutoire.
Fukuyama il est vrai ne se présente pas comme un propagandiste politique, il élabore une réflexion philosophique sur la téléologie de l’histoire en empruntant ses cadres conceptuels à des philosophes notoires. Cependant, Fukuyama fait une prostitution de la pensée en prétextant refuser jouer l’épigone de ses maîtres à penser, il les intègre de manière stéréotypée, mais alors totalement pour les transformer en idéologie. On ne peut donc douter que ce soit en premier lieu l’enjeu politique de la position stratégique des Etats-Unis dans le monde qui est présentée ici. Pour Marc Lebiez , « c’est une apologie des Etats-Unis » qui est en jeu dans l’ouvrage de Fukuyama.
En effet il n’est pas question de fin de l’histoire, mais de la restauration d’un ordre ancien de domination et d’exploitation, indispensable à l’existence même du capitalisme. Ne nous leurrons pas, Fukuyama ne s’adresse pas à tout le monde, son discours comme celui de Zarathoustra s’adresse aux forts qui risquent de se complaire dans l’isothymia et menacer ainsi la fin du capitalisme. Encourager la mondialisation comme fin, c’est établir l’ancien ordre mondial de domination et d’exploitation de la périphérie par le centre.


Fukuyama tournant le dos à l’histoire cyclique est convaincu que l’histoire progresse vers la démocratie libérale. Cependant, le dernier homme qui naît l’inquiète, il a renoncé à la mégalothymia pour épouser le caractère du premier homme de Rousseau. Fukuyama envisage ainsi l’Eternel retour, différente de l’idée anhistorique et archaïque que l’histoire puisse recommencer ; son expérience de la physique moderne l’ayant définitivement convaincu de l’irréversibilité de l’histoire. Il s’agit ce pendant d’un prétexte pour restaurer subtilement un ordre mondial ancien de domination et d’exploitation en brandissant paradoxalement la menace d’un retour tous azimuts à ce même ordre de domination et de violence décriée et qu’il prétend changer avec la démocratie libérale.


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"Il vaut mieux agir immédiatement et risquer de se tromper que de tergiverser longtemps et avoir raison trop tard"

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