Nous pensons comme vous que l'Afrique a besoin d'abord de toutes ses forces vives et de tous ses enfants pour rélever le défi de la mondialisation. Pour y arriver nous devons faire de la production industrielle et le secteur privé le moteur du développement durable de l'Afrique. Autrement dit, apprendre d'abord aux africains à produire l'essentiel de leurs besoins. Nous ne connaissons à ce jour aucune zone économique qui s'est développée à partir de grands projets d'infrastructures dont 80% des besoins (y compris la main d'oeuvre) sont importés. Ce raisonnement est aussi valable pour un pays ou une zone économique.
Nos dirigeants doivent élaborer des stratégies de développement permettant au secteur privé africain d'acquérir des compétences techniques, technologiques, commerciales et organisationnelles de participer à la réalisation des projets de développement.
Cette stratégie a l'avantage non seulement de réduitre les coûts de réalisation et de maintenance des projets d'infrastructures mais également d'impulser par la création de la valeur ajoutée l'économie africaine.
Cette stratégie doit être appliquée non seulement à l'échelle de chaque pays mais au niveau des cinq régions économiques.
L'exemple de la Chine, dont tout le monde envie en ce moment, est révélateur.
Et c'est cette absence de strategie réposant sur le secteur privé africain dans la proposition des Chefs d'Etat (NEPAD) que nous dénonçons.
La relance économique africaine devrait d'abord réposer sur l'émergence d'un secteur privé africain (dynamique et compétitif) et devrait être le résultat des performances économiques individuelles de l'ensemble des pays (PMA et pays à revenu intermédiaire) et de l'ensemble des cinq zones économiques.
En ce qui concerne la question de la Dette.
Nous sommes d'accord pour l'annulation de la Dette des PPTE. Mais nous émettons des réserves concernant la dette des pays à revenu intermédiaire compte tenu de la nature de cette dette. Une annulation pure ne ferait que décourager les futurs investisseurs privés. C'est pour cette raison que nous avons proposé une réduction et un moratoire sur 10 à 15 ans pour l'apurement.
Nous devons accepter en tant qu'africains que personne ne fera l'Afrique à notre place.
Et, c'est ensemble que nous y arriverons!
En espérant avoir répondu à votre question, nous vous prions d'agréer, chère Gaetan, l'assurance de nos sincères salutations.
A. KANTEConsultant.